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    <title>Tag on /dev/random</title>
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      <title>Aristide Briand et la police du linge</title>
      <link>https://log.2027a.net/posts/aristide-briand-et-la-police-du-linge/</link>
      <pubDate>Thu, 28 Aug 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
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      <description>&lt;p&gt;Puisqu&amp;rsquo;on reparle de faire la police du linge religieux, je crois qu&amp;rsquo;il est
utile de se souvenir de ce que disait Aristide Briand, rapporteur de la loi de
1905 sur la séparation des Églises et de l&amp;rsquo;état, interrogé sur la soutane :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Aristide Briand à la tribune de l&amp;rsquo;Assemblée Nationale, en une du &lt;strong&gt;Petit Parisien&lt;/strong&gt;&#34; loading=&#34;lazy&#34; src=&#34;https://log.2027a.net/img/briand.png&#34;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Messieurs, au risque d’étonner l’honorable M. Chabert, je lui dirai que le
silence du projet de loi au sujet du costume ecclésiastique, qui paraît le
préoccuper si fort n’a pas été le résultat d’une omission mais bien au
contraire d’une délibération mûrement réfléchie. Il a paru à la commission que
ce serait encourir, pour un résultat problématique, le reproche d’intolérance
et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule (Applaudissements
et rires au centre et à droite), que de vouloir, par une loi qui se donne pour
but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue
confessionnel, imposer aux ministres des cultes l’obligation de modifier la
coupe de leurs vêtements.&lt;/p&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Puisqu&rsquo;on reparle de faire la police du linge religieux, je crois qu&rsquo;il est
utile de se souvenir de ce que disait Aristide Briand, rapporteur de la loi de
1905 sur la séparation des Églises et de l&rsquo;état, interrogé sur la soutane :</p>
<p><img alt="Aristide Briand à la tribune de l&rsquo;Assemblée Nationale, en une du <strong>Petit Parisien</strong>" loading="lazy" src="/img/briand.png"></p>
<p>« Messieurs, au risque d’étonner l’honorable M. Chabert, je lui dirai que le
silence du projet de loi au sujet du costume ecclésiastique, qui paraît le
préoccuper si fort n’a pas été le résultat d’une omission mais bien au
contraire d’une délibération mûrement réfléchie. Il a paru à la commission que
ce serait encourir, pour un résultat problématique, le reproche d’intolérance
et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule (Applaudissements
et rires au centre et à droite), que de vouloir, par une loi qui se donne pour
but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue
confessionnel, imposer aux ministres des cultes l’obligation de modifier la
coupe de leurs vêtements.</p>
<p>Je ferai du reste, observer à l’honorable M. Chabert que le problème n’est pas
aussi simple ni aussi facile à résoudre qu’il semble le supposer. Ce que notre
collègue voudrait atteindre dans la soutane, c’est le moyen qu’elle procure de
se distinguer facilement des autres citoyens.</p>
<p>Mais la soutane une fois supprimée, M. Chabert peut être sûr que, si l’Eglise
devait y trouver son intérêt, l’ingéniosité combinée des prêtres et des
tailleurs aurait tôt fait de créer un vêtement nouveau, qui ne serait plus la
soutane, mais se différencierait encore assez du veston et de la redingote pour
permettre au passant de distinguer au premier coup d’œil un prêtre de tout
autre citoyen.</p>
<p>L’honorable M. Chabert a visité certains pays ; il a pu constater que les
pasteurs protestants ont des chapeaux d’une forme particulière, des redingotes
d’une coupe spéciale, qui ne le cèdent en rien à la soutane comme signes
distinctifs du caractère de ceux qui les portent. Quant au prestige dont jouit
la religion dans nos campagnes, je crois qu’il serait téméraire de l’attribuer
uniquement à la forme du vêtement que portent les prêtres. L’influence de
l’Eglise tient à d’autres causes, moins faciles à détruire ; sinon, il y a
longtemps que la libre pensée aurait déjà triomphé du dogme. (Très bien ! très
bien ! à gauche.)</p>
<p>Votre commission, messieurs, a pensé qu’en régime de séparation la question du
costume ecclésiastique ne pouvait pas se poser. Ce costume n’existe plus pour
nous avec son caractère officiel, c’est-à-dire en tant qu’uniforme protégé par
l’article 259 du code pénal. La soutane devient, dès le lendemain de la
séparation, un vêtement comme un autre, accessible à tous les citoyens, prêtres
ou non. C’est la seule solution qui nous ait paru conforme au principe même de
la séparation, et c’est celle que je prie la Chambre de vouloir bien adopter. »</p>
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